11 mois, 3 semaines et 7 jours …
…C’est le temps qui s’est écoulé depuis ma première élection à la Présidence de notre synd!cat.
…C’est le temps durant lequel votre Président a pris ses marques, a fait connaissance avec les nouveaux membres du comité, a organisé les divers chantiers avec la secrétaire générale sous le sceau de la confiance réciproque et de la délégation. Une nouvelle organisation du travail s’est dès lors mise en place : un Président qui propose des axes, un comité qui les amende, les débat, les contredit parfois mais qui finit toujours par prendre des décisions sereines et concertées et enfin l’application de ces décisions par l’unique employée de notre synd!cat, la secrétaire générale. Le comité est ainsi devenu un comité stratégique et le secrétariat général, le lieu de tout ce qui est opérationnel.
…C’est enfin une saison qui a permis au comité de cerner les buts à atteindre sous l’influence de l’actualité politique, des problèmes structurels, des conflits de travail, des problèmes administratifs.
Il nous est apparu évident et nécessaire de créer de l’emploi pour que la plupart des travailleurs du spectacle puissent au maximum vivre de leur(s) métier(s) et ainsi échapper au piège qui se referme : le chômage via ses contraintes qui vont devenir de plus en plus lourdes. Le slogan lancé il y a 11 mois, 3 semaines et 7 jours s’est avéré plus vrai et que jamais :
« Nous voulons vivre de nos métiers »
Cela n’est pas un vain slogan, cela me paraît être aujourd’hui plus encore qu’hier une nécessité, une nouvelle façon de penser, de rêver, de vivre nos métiers et notre inscription dans la société.
Maintes fois, j’entends ici ou là les travailleurs du spectacle s’interroger sur leur futur et le moyen de continuer à vivre sans devoir abandonner définitivement les activités artistiques. Une certaine lucidité face à « se qui se passe » semble de plus en plus habiter chacun d’entre nous.
Les attaques
En effet, le temps où les travailleurs du spectacle étaient « une exception » semble devoir (en partie à notre grand regret) s’arrêter prochainement.
Nous devons donc faire face des attaques plus ou moins frontales contre cette « exception » si longtemps en état d’hibernation : là aussi le réchauffement agit et fait fondre cette léthargie.
La première de ces attaques et la plus récurrente aussi est celle que je nomme l’attaque politique par le biais de la révision de la loi sur le chômage (LACI).
Vous n’êtes pas sans savoir qu’à l’heure où je couche ces quelques mots sur le papier, le processus parlementaire en vue de l’adoption de la nouvelle loi est en cours et le texte définitif sera certainement voté (et donc accepté par la majorité des partis politiques de droite) cet hiver encore. Nous allons continuer d’essayer de convaincre que cette loi n’est pas bonne pour nous mais également pour tous les travailleurs de notre pays.
Si la loi devait être définitivement votée, nous serions dès lors tenus dès 2011 ou 2012 de cotiser 18 mois sur 24 pour avoir droit à une rente complète de 420 jours. Combien de travailleurs du spectacle peuvent accumuler 18 mois de contrat dans leur métier ?
Parallèlement à cela, nous notons de plus en plus souvent un durcissement administratif de la part des caisses de chômage et de la part du SECO qui multiplient les contrôles des dossiers des assurés. Les «attaques» concernent principalement l’aptitude à l’emploi, le calcul des jours cotisés, la multiplicité des emplois sur un même mois, le cas des «employeurs employés».
La plupart des conflits qui nous sont soumis finissent à la faveur des assurés, ceci grâce à l’action de notre secrétaire générale et à notre collectif d’avocats. Mais cela va-t-il durer ?
Les réponses
Face à ces attaques, le comité du synd!cat a opté pour une stratégie double :
En premier lieu, un renforcement de nos liens syndicaux et associatifs afin d’être mieux écoutés et représentés dans les instances régionales, nationales et internationales. Ainsi, nous sommes devenus membre associé de l’UNION SYNDICALE SUISSE (USS), nous avons renforcé notre présence à SUISSECULTURE et notre présence à la FEDERATION INTERNATIONALE DES ACTEURS (FIA) s’est accrue.
Ces trois associations faîtières sont complémentaires puisque qu’elles couvrent les domaines du droit du travail (en Suisse, en Europe et dans le monde) ainsi que de la politique culturelle (en Suisse et hors de nos frontières).
Il nous est clairement apparu que notre voix se fait dès lors mieux entendre au meilleur endroit et au meilleur moment pour défendre et développer les acquis sociaux dont nous jouissons déjà aujourd’hui.
En second lieu, une profonde réflexion sur les thèmes de solidarité interprofessionnelle et de création de postes de travail.
Une commission « livret de compétences » réfléchit depuis quelques temps aux moyens de créer des postes de travail via une étude, une réflexion sur les domaines d’activités et les compétences multiples qui peuvent être développés par les travailleurs du spectacle : anticiper, choisir, proposer des postes de travail avant que d’autres le fassent à notre place.
Une seconde commission « la déclaration » est en train d’établir une charte non contraignante qui encouragerait la collaboration et la coresponsabilité des employeurs, des subventionneurs et des lieux d’accueil et de diffusion dans le but de normaliser la qualité et la durée de vie des spectacles : un spectacle pourvoyeur d’emploi est de la responsabilité morale et financière de tous les partenaires cités. Ici nous sommes au cœur de la solidarité entre les différents partenaires culturels.
L’avenir
Mais d’autres combats et propositions nous attendent :
Le synd !cat continue de collaborer avec l’Union des Théâtres Romands (UTR) et va proposer une augmentation du salaire minimum. La négociation ne sera pas aisée mais cette revendication nous tient à cœur. Un « toilettage » de la CCT est également à l’ordre du jour.
Une réflexion sur l’instauration d’un % de solidarité sur les contrats UTR est également prévue prochainement.
Nous allons aussi mettre à l’ordre du jour à moyen terme le débat de la création ou non d’un « statut intermittent suisse », le versement de la LPP dès le premier franc, la simplification des versements des allocations familiales, …
Nous sommes un comité de bénévoles et tout ne peut pas se faire en même temps. Il faut mener chaque sujet à son terme et ne pas chercher à tout vouloir faire à moitié. Mais les choses avancent, les idées naissent : votre synd!cat est plein d’énergie et de vie.
Nos discussions internes, vous le voyez, donnent naissance à une multitude de projets ou d’idées. Cependant, nous avons envie que vous tous, vous puissiez aussi être des pourvoyeurs d’idées. Pour ce faire, l’adresse idee@ssrs.ch est à votre disposition !
Suite à l’assemblée générale du 5 octobre dernier, nous nous sentons véritablement soutenus par « la base » et nous vous en remercions. Cela nous donne encore plus de force et de responsabilités. Les changements ne seront pas pour l’immédiat : les mentalités, les synergies doivent encore bouger. Mais nous sommes confiants et optimistes malgré la difficulté de la période que nous vivons où tant de repères semblent se dissoudre.
Je termine avec l’expression d’un vif remerciement à tout le comité et à notre secrétaire générale, Anne Papilloud pour le travail fourni tout au long de cette année.
C’est donc avec une joie empreinte de responsabilité que j’aborde aux côtés du comité et de notre secrétaire générale les 11 mois 3 semaines et sept jours qui se profilent devant nous…
Bien à vous toutes et tous
Et agréable suite de saison
Yves ADAM
Président du Synd !cat